Le lemming
Les lemmings sont des rongeurs, voisins de la souris, qui habitent les zones non arborées du Nord canadien. Tous les lemmings ont de petites oreilles largement dissimulées dans la fourrure, de courtes pattes et des queues tronquées. Le lemming brun adulte a une longueur totale de quelque 150 mm, dont 20 mm environ pour la queue. Le poids corporel peut varier beaucoup (entre 55 g et 115 g environ) d’une année à l’autre. Sa fourrure est grise et brune en été comme en hiver. Quant au lemming variable, il a la même taille totale que le lemming brun, mais la queue est plus courte (environ 15 mm). La couleur du lemming variable change au fil des saisons (d’où son nom) : en été, il a le nez noir, les joues grises, les oreilles tachetées de fauve, un collier marron et une rayure dorsale d’un noir plus ou moins prononcé. La mue automnale remplace toutefois le pelage d’été par un manteau hivernal tout blanc et s’accompagne d’une croissance marquée de deux griffes des pattes antérieures, destinées semble-t-il à mieux creuser la neige densément compactée de la toundra.
Le long hiver arctique est une période critique pour les lemmings, qui, contrairement à de nombreux rongeurs de la zone tempérée, n’hibernent pas. Il est étonnant que ces petits animaux à sang chaud puissent demeurer actifs durant tout l’hiver arctique sans mourir de froid. La petitesse de leurs appendices (oreilles, pattes et queue) est une adaptation visant à réduire la perte de chaleur, et leur pelage est plus épais en hiver qu’en été. À l’approche de l’hiver, les lemmings construisent à la surface du sol de gros nids circulaires faits de laîche et d’herbes finement déchiquetées, qui leur offrent une isolation supplémentaire lorsqu’ils ne sont pas partis à la recherche de nourriture. La neige offre une isolation essentielle aux lemmings, qui s’alimentent dans l’espace subnival (« sous la neige ») formé entre le sol et la neige et qui ne sortent presque jamais à la surface. Dans l’extrême Arctique, sans être exactement chaudes (-25 °C), les températures à l’interface sol neige sont quand même plus tolérables que celles qui règnent sur la couche de neige, et cet écart est critique pour la survie des lemmings. Même si certains individus ont vécu jusqu’à trois ans en captivité, aucun lemming ne survit probablement plus d’un hiver dans la nature, la plupart tombant sous la dent des prédateurs sauvages (sauf en période de mortalité massive, où peuvent entrer en jeu d’autres facteurs comme l’inanition).

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